• Michel Bernard, membre fondateur de la revue en 1982, journaliste, secrétaire de rédaction et membre du comité de rédaction (CR) de 1982 à 2017, directeur de publication de 1982 à 1991.
• Sylviane Poulenard, membre du CR de 1990 à 2004, vice-présidente de l’association de 1998 à 2005.
• Monique Douillet, membre du CR de 2014 à 2017, directrice de publication de 2014 à 2015.
• Baptiste Giraud, membre du CR en 2015 dans le cadre d’un stage de journalisme.
• Romane Dubrulle, membre du CR en 2018 dans le cadre d’un stage de journalisme.
Une place singulière dans le paysage médiatique
En quoi la revue Silence occupe-t-elle une place singulière dans le débat public, qui la distingue d’autres médias militants ? « L’originalité des dossiers de Silence est sans doute son large spectre, estime Michel Bernard. Silence a toujours été très centré sur les énergies, antinucléaire de par son origine. La question climatique a été présente dès le premier rapport du GIEC en 1990. À signaler aussi une évolution passant du tiers-mondisme à l’anti-développement avant de rejoindre la décroissance. La décroissance a été un fil conducteur pendant longtemps, complété à partir de 2010 par la transition. L’antimilitarisme, présent depuis le début, est rarement traité par les autres médias écolos. Le féminisme est venu progressivement. »
Selon Sylviane Poulenard, prendre en compte, pour chaque sujet abordé, à la fois « la nature, le social et l’humain », et mettre l’accent sur les alternatives, a été longtemps un point distinctif de la revue. Le choix de la non-violence également. Le fait que les membres de Silence soient « des activistes » et non une équipe de journalistes de métier fait aussi son originalité. « Pour de nombreuses associations, la revue constitue une fenêtre ouverte à d’autres publics que leurs propres militants et permet de croiser les réseaux. »
Monique Douillet pointe trois choix qui ont marqué la spécificité de Silence : les dossiers sur les alternatives en régions pendant plus de 20 ans (1), le suivi de l’accident de Fukushima — qui a donné lieu à une chronique détaillée chaque mois dans la revue pendant 8 ans — et, enfin, le suivi de l’initiative Jai Jagat en 2019-2020 (2).
Baptiste Giraud retient le dossier « Écologie et féminisme, même combat ? » (novembre 2015, no 439), qu’il a trouvé marquant car « il abordait un sujet encore peu connu à l’époque et faisait découvrir toute une réflexion à la fois très riche et encore peu présente dans les réseaux écolos » (3).
Divergences et controverses
Quels sujets ont suscité des divergences fortes, des oppositions au sein de la rédaction ou avec les lecteurs et lectrices de la revue ? Michel Bernard cite les débats sur la prostitution, qui ont reflété en interne les échanges virulents au sein de la sphère féministe. La question n’a, de ce fait, jamais fait l’objet d’un dossier en presque 40 ans (4).
Michel se souvient aussi de débats autour du développement personnel (Silence no 321, mars 2005). Celui-ci était défendu dans les pages de Silence, comme démarche de cohérence globale, par Florence de Luna et Daniella de Varax, tandis qu’une membre d’Attac dénonçait ces démarches en tant que culpabilisation individuelle au détriment de la lutte contre le système dominant.
Dans les années 2010, la question des compteurs Linky a été l’occasion d’une divergence avec une partie du lectorat. Michel Bernard a fait expertiser son propre compteur et les champs électromagnétiques dans son appartement et en a conclu, en lien avec le militant antinucléaire Jean-Louis Gaby, qu’au niveau des ondes il n’y avait pas de danger (Silence no 443, mars 2016) (5). Un article en ce sens a provoqué une vague de réactions indignées.
Michel Bernard note également que Silence n’a pas toujours soutenu les luttes syndicales, refusant par exemple de relayer les mouvements « pour le pouvoir d’achat » dans certains secteurs. La revue a apporté un regard décalé d’une partie du mouvement social sur les retraites dans son dossier « Décolonisons nos luttes » notamment (Silence no 422, avril 2014) (6).
Au cours des années 1990, « dans la mesure où la revue n’exprimait pas une opinion mais était ouverte sur l’expérimentation et une large réflexion, les polémiques étaient constantes, confie Sylviane Poulenard. Je me souviens plus particulièrement du positionnement par rapport au parti des Verts, dont nous étions très proches au début : peu à peu, de plus en plus de critiques se sont exprimées. Cela nous a été souvent reproché (7). Autres sujets de forts débats : la guerre en ex-Yougoslavie pour laquelle le positionnement était très difficile et mettait en jeu la ’non-violence’ revendiquée par la revue » (8).
Monique Douillet se souvient des nombreuses réactions du lectorat après la parution du dossier sur les « amours libres » (no 421, mars 2014). Ainsi que de sa propre opposition au reste de la rédaction à propos d’articles prônant des espaces de non-mixité féministe, qu’elle jugeait caricaturaux, ou encore d’un article qu’elle estimait trop favorable au mouvement du Parti des indigènes de la République, selon elle porteur d’un discours raciste inversé.
Baptiste Giraud se souvient des désaccords autour de la parution du dossier sur le végétarisme (no 438, octobre 2015). Le débat portait notamment sur l’importance à donner à la souffrance animale.
Romane Dubrulle note, quant à elle, des divergences au sujet de l’écriture inclusive, choix qui a soulevé des débats très contradictoires en interne et amené de nombreux courriers critiquant son caractère peu lisible.
La rédaction de Silence, comment ça marche ?
Notre rédaction est coordonnée actuellement par deux salarié·es, Martha et Guillaume, qui assurent le suivi de la construction des numéros du début jusqu’à la parution.
Le lieu central d’élaboration des contenus, des dossiers et de la ligne éditoriale est le comité de rédaction. Celui-ci est composé de bénévoles, Danièle, Gaëlle et Nicolas, ainsi que des salarié·es de la rédaction. Il se réunit deux fois par mois pour décider des articles et des dossiers à venir, débattre des orientations, réaliser une lecture collective des textes reçus et choisir quels contenus seront publiés ou non.
Une équipe plus large de « pilotes de rubrique » est invitée à relire chaque mois les textes reçus et à corriger les éventuelles erreurs en fonction de leur « expertise » sur certains sujets.
Un comité Images se réunit une fois tous les deux mois avec le maquettiste Damien pour choisir les couvertures de deux numéros de Silence.
Silence est une revue militante et participative, vous êtes les bienvenu·es si vous souhaitez participer d’une manière ou d’une autre à la rédaction, en relisant les textes reçus, en envoyant des propositions d’articles ou des illustrations, en signalant des initiatives intéressantes, etc.
Un média lent et attaché au papier
Comment se situe la revue que vous tenez entre les mains au sein de la galaxie des médias indépendants, écolos et militants ? Quelle est ou devrait être sa fonction dans le paysage médiatique et militant actuel ? Aux yeux de Michel Bernard, les médias les plus proches actuellement de Silence sont L’Âge de faire et Moins ! (9). Mais « la diversité des titres permet de multiplier les débats, ce qui est le rôle principal pour un média ». Selon lui, « il est important de maintenir un support papier mensuel : c’est une lenteur qui permet de prendre du recul ». Même son de cloche chez Baptiste Giraud, pour qui, « vu le contexte médiatique actuel, une revue mensuelle, lente (avec un bouclage très éloigné de l’impression/diffusion) ne peut pas rivaliser sur le plan de l’actualité. C’est vraiment dans la réflexion, le récit, le rappel historique, que la revue a une carte à jouer ». Mais, selon lui ; le défi est de pouvoir en même temps tisser des liens et de s’adresser à la « nouvelle génération de militant·es formé·es par Alternatiba, ANV-COP21, Extinction Rebellion, qui sont très tourné·es vers l’action, la désobéissance civile, l’organisation d’événements et le partage de moments vécus ensemble », en racontant leur quotidien et leur engagement.
Sur tous les sujets, une approche globale
Monique Douillet regrette de ne pas trouver dans Silence des « questions d’éthique » que pose le mensuel La Décroissance. Pour Baptiste Giraud, « Silence est (et gagnerait à s’affirmer comme) une revue de ’l’avant garde écolo’ (en enlevant bien sûr le côté élitiste et violent symboliquement d’une telle mise en avant) ». Il apprécie le fait que « les dossiers et articles ne perdent jamais de vue l’une de ses valeurs principales (écologie, féminisme, alternatives concrètes, non-violence et égalité sociale). C’est ça sans doute le plus important, ne jamais perdre de vue un de ces aspects, que ce soit en parlant des abeilles, de la bière, ou de Jai Jagat. Toujours tout tenir ensemble. Ne pas avoir un article écolo, puis un article sur une alternative, puis un article contre les inégalités, mais que tout soit toujours présent dans votre manière d’aborder les sujets. »
« S’adresser à des écolos convaincu·es et aller plus loin dans la réflexion »
Au titre des caractéristiques à conserver, Monique Douillet estime que « Silence ne saute pas sur l’actualité, vérifie ses sources, se donne le temps de la réflexion. L’écriture est correcte, les jargons y sont proscrits. C’est une revue de vulgarisation. » À cela, Michel Bernard ajoute « la régularité de parution, le prix, la lisibilité, la diversité, l’ouverture à de multiples sujets, la mise en ligne des numéros épuisés, la capacité à analyser politiquement des sujets très divers et donc d’être à la fois promoteur d’alternatives et conscient des limites de ces démarches. Un fonctionnement associatif (en difficulté aujourd’hui) mais qui se rapproche de ce que pourrait être un fonctionnement autogéré. »
Cela n’empêche pas de pointer les limites de la revue : « Une des difficultés est la multitude des sujets abordés… et donc, souvent, le manque de suivi. On va consacrer tout un dossier à un thème puis ne plus en parler pendant des années », regrette Michel Bernard. Monique Douillet plaide de son côté pour davantage de place offerte aux controverses. Par exemple, sur les énergies renouvelables et les problèmes qu’elles génèrent, sur le revenu universel, sur la procréation médicalement assistée (PMA), etc.
Comment a évolué la revue ? Monique Douillet note des « progrès dans la forme : pages plus aérées, mieux illustrées. Les textes me semblent plus courts, c’est dans l’air du temps. J’observe qu’il y a moins d’articles sur la radioactivité, les centrales nucléaires, sur les questions technologiques. »
« Je trouve très régulièrement des articles qui assurent le rôle qui me semble être celui de Silence, estime Baptiste Giraud : s’adresser à des écolos convaincu·es et les faire réfléchir, quitte à les bousculer, à aller plus loin dans la réflexion que la presse écolo dominante et les réseaux les plus influents. Avoir un coup d’avance. Je pense à l’article sur la radicalité au moment des Gilets jaunes. À un dossier sur les syndicats. Au dossier sur l’effondrement. »
« En tant que lectrice, je vois que globalement le cœur de la revue continue de battre au même rythme, diagnostique quant à elle Sylviane Poulenard. Mon sentiment est qu’elle est passée d’une presse militante à une presse engagée, moins activiste. »
Nos perspectives…
Quels sont les mouvements d’idées ou militants, sociaux, politiques qui leur semblent les plus prometteurs et intéressants aujourd’hui ? À l’inverse, quelles sont leurs critiques par rapport à certaines évolutions ou tendances du milieu écologiste, alternatif et militant actuel ?
Sylviane Poulenard dit être « interpellée par la pratique militante, par les manifs, pétitions… que je trouve très souvent d’une impuissance terrible même si cela permet de se positionner. Je suis très intéressée par des démarches comme celle de Cédric Herrou, qui remet beaucoup en questions la démarche militante ’traditionnelle’. Pour agir ensemble, il faut dégager du temps : c’est quelque chose dont je suis absolument certaine et depuis longtemps. J’aimerais tant qu’on arrive à former un mouvement qui rassemble nos diversités sur une plateforme permettant d’avancer sur le plan politique. Un mouvement comme le Conseil national de la résistance me semble intéressant. »
« Il faut arriver à politiser les nouveaux mouvements pour le climat car il y manque pas mal de sens critique (voir en particulier les discours pro-nucléaires de certains), estime Michel Bernard. Mais ne pas se cantonner à un seul sujet : affirmer que Silence est là pour faire dialoguer les mouvements écolos et sociaux et appuyer pour faire progresser les débats. Toujours s’appuyer sur des analyses comme celles liées au municipalisme libertaire et la lutte contre toutes les formes de domination. Continuer à tisser des liens avec des mouvements comme les Amis de la Terre, Agir pour l’environnement, Alternatiba, ANV-COP21… »
Plusieurs ont pris de la distance avec le parti écologiste EE-LV. « J’ai été adhérente des Verts dans les années 80-90, explique Sylviane Poulenard, mais je suis assez échaudée par l’opportunisme et la guerre des ego que génère un parti ayant le vent en poupe ». « Je n’ai aucune affinité avec EE-LV (bobos, politiciens, en majorité cadres supérieurs, ils ignorent les classes populaires). Au pouvoir, ils ont tendance à appliquer des médications théoriquement infaillibles sans se soucier des effets secondaires pervers », regrette Monique Douillet. Celle-ci « trouve pertinentes les analyses politiques et historiques de Mélenchon, malheureusement, là encore, l’homme, par ses comportements, décrédibilise le projet ».
Pour certains, dont Baptiste Giraud, une piste est de se concentrer sur le niveau local. « Je suis très focalisé sur Bordeaux. J’ai l’impression que des choses avancent. Des militants d’ANV COP21 prennent en compte les inégalités sociales. Les gens qui bossent sur la sécurité sociale de l’alimentation ont une vision très large de toutes les problématiques actuelles. Je serais critique envers les écolos bobos qui font des écovillages en mode ’gated community’ (10), les effondristes qui répandent la peur. »
Une autre option est de sortir du jeu électoral pour se centrer sur des manières plus libertaires de faire de la politique. « Je suis résolument convaincue par l’anarchisme et la décroissance comme seules voies vers un monde meilleur. L’anti-capitalisme au sens large me semble le plus prometteur à court terme, comme mouvement qui permettrait une certaine convergence des luttes (les Gilets jaunes, Nuit debout…). Le convivialisme, de par ses valeurs et l’envie de rassembler, peut paraître intéressant. Mais le refus de se politiser et surtout l’évitement à tout prix du clivage ne pourront pas, selon moi, rendre cette philosophie très fertile », estime Romane Dubrulle.
Participer à la rédaction, passerelle vers une vie plus alternative ?
« Mon premier article portait sur ’agriculture et armement’, se souvient Sylviane Poulenard. Le terrain des alternatives m’intéressait beaucoup et je suis quelquefois allée en reportage, avec Michel Bernard. C’est ainsi que j’ai rédigé des articles sur Ardelaine, le Viel Audon, un jardin de Cocagne, Terre et humanisme, Bio lopin, la Criirad… En 2003, mes filles parties de la maison, j’ai souhaité construire à la campagne un petit habitat en paille autonome en eau et électricité. Grâce aux contacts et informations rassemblées, j’ai fait un stage d’autoconstruction avec Bio lopin puis je me suis lancée. J’habite encore aujourd’hui cette maison de 32 m2 en paille et bois cordé avec toiture végétalisée. Je pense que les rencontres et les informations diffusées par Silence m’ont aidé à franchir le pas. »
« L’un des sujets de reportage qui m’ont particulièrement marquée était celui sur le quartier de la Baraque, à Louvain-la-Neuve, puisqu’il a fait cheminer en moi l’envie d’habiter ’léger’ et de manière plus communautaire », estime quant à elle Romane Dubrulle.
Ces confidences nous ont donné envie d’en savoir plus. Comment les ancien·nes membres de la rédaction de Silence continuent-ils et elles à explorer les alternatives et à prendre part aux luttes pour un monde vivable ?
Il y a ceux qui, comme Michel Bernard, continuent à être très actifs dans la vie de la revue en proposant des articles, des projets de livres à coéditer, etc., sans oublier « une démarche personnelle de décroissance ». Il y a aussi celles qui, tout en continuant à rédiger des chroniques de livres pour Silence, se sont tournées vers d’autres engagements locaux, comme Monique Douillet : « Je m’étais engagée dans une association d’aide aux migrants à Lyon. Depuis que je suis à Béziers, je donne des cours de français langue étrangère et je participe au collectif Béziers citoyen. »
« Mes centres d’intérêt tournent beaucoup autour des personnes détenues dans les prisons françaises, de l’accueil des migrants, des peuples autochtones, du nucléaire, de la Françafrique… », liste quant à elle Sylviane Poulenard.
« Depuis la fin de mes études, j’ai choisi de mettre de côté le journalisme, explique Romane Dubrulle. Ainsi, tout ce qui avait pu me passionner à ce poste chez Silence, j’ai choisi de le vivre. Après une année de wwoofing, je me suis consacrée à notre petite association de village. Cette dernière organise des événements culturels défendant des valeurs d’écologie, de solidarité et d’autogestion. Aujourd’hui, j’ai pour projet de produire des plantes aromatiques et médicinales et de les transformer en tisanes. »
« Je suis moins focalisé sur l’écologie que je ne l’étais, j’essaie de mettre au centre la question de justice sociale (qui englobe évidemment l’écologie) », précise Baptiste Giraud. Actif au sein de la radio associative La clé des ondes, à Bordeaux, où il anime notamment l’émission Climats de lutte, il s’interroge sur « l’efficacité des médias alternatifs. On a tendance, en tant que journalistes engagés, à la surestimer et à croire qu’on peut changer le monde par notre travail. »
Sans se bercer d’illusions sur ses capacités à changer le monde à elle toute seule, notre revue cherche à contribuer au changement de société pour sortir du consumérisme et aller vers la décroissance en défaisant les rapports de domination. Non seulement un autre monde est possible, mais d’autres mondes plus écologiques et solidaires existent déjà, et ils sont dans celui-ci. Montrer leur existence, chercher à mettre en lien les personnes porteuses d’autres manières de vivre, insuffler d’autres imaginaires pour agir ensemble, est un programme que nous comptons bien poursuivre avec vous au-delà de ce 500e numéro.
Guillaume Gamblin
(1) Durant 20 ans, Silence a réalisé deux dossiers spéciaux par an pour explorer les alternatives dans une région donnée. Le tour de la France métropolitaine et de la Réunion a été bouclé en 2019.
(2) Jai Jagat était une campagne pour la justice et la paix initiée par le mouvement gandhien Ekta Parishad en Inde, qui a notamment donné lieu à une marche mondiale de Delhi à Genève en 2019-2020.
(3) Cependant, il faut noter que la commission « écologie et féminisme » a été créé au MLF vers 1973 par Françoise d’Eaubonne, qui tenait rubrique sur le sujet dans la Gueule ouverte jusqu’en 1980.
(4) Et Silence a publié un seul article sur le sujet (no 294, mars 2003).
(5) Silence a lancé un appel auprès d’une liste de 3 000 sympathisant·es du réseau Sortir du nucléaire à Lyon, zone de test des compteurs Linky, pour leur demander de signaler des problèmes ou variations rencontrées au niveau des ondes électromagnétiques. Sur la trentaine de réponses reçues, rien n’a été relevé… ce qui ne constitue pas une preuve scientifique en soi, bien sûr.
(6) En relayant une prise de position de Fabrice Nicolino qui écrivait : « Ceux qui se battent pour le maintien de leur situation personnelle, souvent privilégiée sur le plan personnel, sans remettre en cause nos manières de vivre et de gaspiller, ont tort », et les analyses du sociologue portoricain et penseur de la décolonialité Ramon Grosfoguel, qui appelait la gauche occidentale à ne pas mener des combats « qui vont bénéficier à une minorité du monde, de nouveau aux dépens du reste du monde ».
(7) L’analyse selon laquelle Silence n’arrête pas de critiquer le parti écologiste est revenue plusieurs fois de la part de lecteurs à une époque. Pour y répondre, nous avons publié un comptage montrant que le nombre d’articles positifs était plus important (no 235, septembre 1998).
(8) Au sujet de la guerre en Yougoslavie : alors qu’au début, les voix contre la guerre étaient nombreuses, en 1999, les Verts, Politis et d’autres se positionnent pour les bombardements au moment du conflit au Kosovo. Silence et le MAN restent sur une ligne non-violente.
(9) Journaux avec lesquels nous entretenons des relations de coopération. Silence a réalisé un dossier en commun avec Moins ! : « Suisse Romande rebelle et écolo » (no 488, avril 2020).
(10) Les « gated communities » sont des quartiers résidentiels fermés, homogènes socialement. Par extension, le terme fait ici référence à la tendance à créer des ghettos d’écolos aisé·es.